La page des Elaphes
par Doc Guillaume

Salut !!!!! Comme je l'avais promis à Pierrot, je vous propose une page consacrée aux elaphes ; et oui, quand un novice en serpents pense "elaphe", il associe de suite le terme au serpent des blés, elaphe guttata... Il est vrai que la guttata est certainement le serpent le plus élevé et le plus reproduit, donc le plus courant sur le marché.... Néanmoins, n'allez pas croire qu'elle est la seule elaphe, ouh que non !! Difficile de les répertorier toutes, sachez qu'il y en a partout dans le monde, sauf-bien sûr-au delà des cercles polaires....
Généralement, les elaphes sont appelées "serpents ratiers", parce que les gens connaissent leurs mets préférés : ce sont de puissants constricteurs, et sauf cas exceptionnels, de très gros mangeurs.... Par exemple le Serpent Taureau, Pituophis Melanoleucus, est connu pour s'infiltrer dans les terriers de rongeurs, où il attaque toute la "famille souris" en bloquant les proies avec les S de son corps, pendant qu'il en ingère une autre !!!
Un autre point important : souvent les débutants en terrariophilie veulent un compagnon quasi-domestique : les serpents ne seront jamais aussi familiers qu'un lézard (iguane vert, gecko léopard et pogona vitticeps pour les plus familiers), ceci est d'autant plus vrai que les Ratiers sont hyper actifs, et s'ils ne veulent pas le contact du soigneur, ils lui feront vite comprendre !!! Autrement dit, gare aux morsures... Avec une Guttata, pas de problème, celles-ci sont indolores, mais avec un gabarit plus imposant, il convient de se méfier.
Encore une petite chose avant d'acheter une Elaphe (ou un Ratier, encore une fois c'est kif-kif la même chose, et j'employerai désormais les deux termes) : renseignez-vous sur l'espèce qui vous intéresse, certaines étant délicates (l'élaphe mandarina, et la moellendorfi) et d'autres aggressives (Elaphe taeniura), d'autres cumulant les deux difficultés (Gonyosoma ou Elaphe oxycephala) !!! Quoi qu'il en soit, ces jolis ophidiens sont passionnants à élever, et avant de vous lancer dans leur élevage, je vous propose un "petit tour du monde des elaphes", en m'appuyant pour éviter de raconter n'importe quoi (eh oui, ma culture a ses limites !) sur un livre super beau et hyper intéressant :
Rat Snakes, a hobbyist's guide to elaphe & kin, de Ray Staszko et Jerry G.Walls, bien sûr faut parler anglais, et disponible dans les boutiques sérieuses (PAS LES QUAIS DE SEINE PAR PITIE) - Ferme Trop à Paris, Reptil'Farm à Nice, etc..., et à la bibliothèque du Jardin des Plantes à Paris V°...
Vous avez réussi à tout lire ?? Super, alors, on est parti !


Chez nos amis d'outre-Atlantique :
le Nouveau Monde
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Et par qui va-t-on commencer ? La Guttata bien sûr !!! Comme Pierre a fait une page assez complète sur l'espèce, je ne m'attarderai pas trop. Néanmoins nous allons préciser un peu les choses : l'espèce Elaphe Guttata comporte trois sous-espèces, qui ont des différences au niveau des patrons de couleurs et habitent des biotopes légèrement différents. Ainsi la sous-espèce guttata (la plus connue, la plus élevée et la plus joliment colorée) vit au Sud Est des USA, alors que l'Elaphe Guttata emory (grise, plus petite) vit du Kansas et du Missouri jusqu'au Nord du Mexique. Une troisième sous-espèce plus localisée (Keys Islands, au large de la Floride) est apparue récemment dans les textes scientifiques, c'est la rosacea.

Encore une fois je ne vais pas revenir sur la page consacrée par Pierre à l'espèce, mais faites attention lors de l'achat d'une Guttata, au niveau des patrons de couleurs : vous trouverez des formes normales, albinos, amélaniques (sans pigment noir), anérysthriques (pas de pigment rouge cette fois) ; ces formes sont naturelles, bien que rarissimes dans la Nature. Le problème vient des Guttata ayant des couleurs très spéciales : lignées, snow, blood red, ghost, motley, etc..... : en effet, ils sont issus à la base d'individus d'une même portée ayant une dégénérescence au niveau du patron de couleur, qui sont reproduits par consanguinité.... Autant le dire tout de suite, ces animaux sont plus fragiles, plus petits, plus stressés, moins viables... ils sont, littéralement, dégénérés.. Je vous conseillerais de leur préférer des Guttata comme celles citées ci-dessus.

L'autre "star" des elaphes américaines est l'Elaphe Obsoletta ou serpent ratier américain. Aussi simple à élever que la Guttata, plus grande (entre 1m50 et 2m40), elle vit dans la moitié Est des Usa et du Canada au Mexique. Même type de terrarium que la Guttata, mais plus spacieux et surtout plus haut,car ce serpent grimpe souvent.... Il y a 4 sous-espèces rencontrées en élevage : obsoletta, quadrivittata, rossaleni et lindheimeri. Là aussi, il existe un grand nombre de "patterns" de couleurs et vous n'aurez que l'embarras du choix !

Faisons un écart maintenant en parlant des serpents-rois, le genre Lampropeltis : je me réfère pour en parler au livre "L'élevage des serpents-rois, serpents des blés et autres colubridés" de Philippe Gérard. Les lampro peuvent être classés en quatre catégories :
Les serpents-rois communs-King Snakes regroupent les espèces Lampropeltis getula, mexicana, ruthveni, alterna et calligaster ;
Les serpents du lait-Milk Snakes sont les sous-espèces de Lampropeltis triangulum (dû à une vieille légende qui voudrait que ces animaux boivent le lait au pis des vaches... notons que cette légende existe aussi chez nous pour nos couleuvres, différentes selon les versions !). On les appelle "faux-corail" : vous connaissez peut-être les serpents-corail, des élapidés (famille des cobras, entre autres) au venin très puissant, qui ont des couleurs d'avertissement : il s'agit d'une succession de bandes rouges, noires et jaunes... dans la Nature, ce genre de coloration signifie en gros "attention danger"... Les Milk Snakes ont adopté un mimétisme de serpent-corail (genre Micrurus) qui les mettent à l'abri de leurs prédateurs ;
Les serpents-rois de Sonora, formée par les sous-espèces de Lampropeltis pyromelana ;
Les serpents-rois de montagne, des sous-espèces de Lampropeltis zonata.
Je ne vais pas détailler l'élevage de ces animaux hyper courants en animalerie spécialisée, ce sont des serpents mesurant entre 90cm et 2m10 pour les plus grands (Lampro getula getula) très faciles à maintenir en captivité (exception faite des juvéniles chez certaines espèces) : pour cela, procurez vous le livre dédié de Philippe Gérard, il est très complet et chose importante, ne coûte pas cher et se trouve aisément.

Nous allons maintenant parler d'elaphes moins connues, moins vues en captivité, pourtant tout aussi belles et intéressantes :
Elaphe vulpina, ou Fox Snake, est un peu l'équivalent nordique de l'Elaphe Guttata emory : elle vit dans l'Illinois, le Wisconsin, le Nebraska et dans le nord de l'Ohio jusqu'au Canada. La livrée est jaune paille à brun clair et pâle, avec des tâches noires, vaguement "patatoïdes" sur le dos et, plus petites, sur les flancs. le ventre est très semblable à la Guttata, comme un damier non régulier écru et sépia à noir.
Elaphe bairdi est un serpent superbe, "habillé" d'une robe allant d'un brun clair sur le crâne, à un orange sanguin sur le corps et un jaune-orangé très joli sur le ventre. Quatre bandes brunes peu marquées courent de la tête à la queue. Il est assez similaire à Elaphe Obsoletta lindheimeri, le ratier du Texas avec lequel il s'hybride dans la Nature, puisqu'ils partagent la même aire de répartition (moitié sud du Texas jusqu'au nord du Mexique). Il mesure au maximum 1m50 et commence à être élevé en masse par des éleveurs texans, il pourrait donc arriver régulièrement dans nos contrées sous peu.

Sans les détailler, voici quelques autres elaphes américaines : Elaphe Flavirufa, ou Nightsnake, Bogertophis Subocularis ou trans-Pecos Rat Snake, Senticolis Triaspis, ou Ratier Vert (qui vit de l'Arizona jusqu'au Panama).


Les Elaphes européennes

Chez nous aussi, les élaphes sont présentes et nos spécimens ne sont pas les moins intéressants :
Elaphe Longissima, la couleuvre d'Esculape, fut considérée par les Grecs anciens comme le serpent d'Hermès, Esculape chez les Romains, c'est lui que l'on voit enroulé autour du bâton de l'ordre des médecins. Sa livrée est un vert-olive sur le dos et les flancs, et un gris-jaune sur le ventre. Une vague bande noire court de l'oeil au coin de la bouche. Notons que les juvéniles de cette espèce ressemble beaucoup à la couleuvre à collier, Natrix natrix. Les Couleuvres d'Esculape peuvent atteindre 2 mètres, mais la moyenne est de 1m40. Elle vit en France au Sud de la Loire , jusqu'au Nord de l'Espagne, en Italie, en Suisse et en Allemagne, dans les Balkans, en Grèce et jusqu'en Turquie : les Romains l'ont emmené avec eux dans leurs territoires conquis en tant que remède ou juste pour conjurer la maladie, c'est pourquoi son aire de répartition est si vaste.

Le terrarium doit être adapter à son mode de vie terrestre, avec un grand bassin d'eau toujours propre et un "climat" méditerranéen, c'est-à-dire doux mais pas excessivement chaud (disons une moyenne de 25°C avec un point chaud à 29°) ; il faut faire hiberner ses couleuvres durant quatre mois entre 5° et 10° pour satisfaire ses besoins physiologiques et pour déclencher les accouplements.

Elaphe Quatuorlineata, la couleuvre à quatre raies, a quatre.... sous-espèces, du sud-est de l'Europe à l'Ouest de l'Asie ; Elaphe Q. quatuorlineata habite l'italie, la Sicile, la Yougoslavie (ce qu'il en reste en tout cas), l'Albanie, la Grèce, les Cyclades et les Sporades. La taille maxi est de 2 mètres. C'est un serpent peu coloré, brun jaunâtre avec les fameuses lignes plus ou moins marquées, plus sépia-brunnes foncées que noires ; chez les juvéniles, le dessus de la tête et les larges bandes transversales dorsales sont bleu-noir sur fond blanc-grisâtre. Cette grande couleuvre aime les cours d'eau, les sous-bois rocheux, et elle s'élève dans les mêmes conditions que Elaphe Longissima.

Elaphe Situla, la couleuvre léopard, est sans nul doute la plus belle couleuvre européenne : la couleur de fond est claire, gris ou brun-jaune, plaquée de tâches ovales rouges-orangées cerclées de noir. Elle mesure 1 mètre maximum. Malheureusement, elle est devenue rarissime et est protégé par la Convention de Berne (qui détaille à la faune européenne la Convention de Washington). Apparemment, il y a des situla élevées et reproduites en captivité, donc susceptibles d'être dispo en animalerie... je n'en est encore jamais vu mais si l'occasion se présente, je crois que je serais très tenté !! Elle s'élève facilement du moment qu'on puisse la faire hiberner d'octobre à avril.

Il y a d'autres couleuvres européennes bien sûr, mais elles sont trop éloignées du genre Elaphe (donc on n'en parle pas dans cette page sur les élaphes !!!), mais on trouve dans toutes les librairies et dans les Fnac et assimilés plusieurs livres intéressants sur la faune reptilienne de France et de Navarre... à voir, mais il y a rarement d'informations sur leur élevage. Demandez-moi si vous avez des questions à leur propos.
bon, si on allait un peu plus à l'est ?


Là où se lève le Soleil (paraît-il) ou
Les Elaphes asiatiques

Là, il y a beaucoup plus d'espèces que chez nous, sans doute est-ce dû à la multiplicité des biotopes : des mangroves, des forêts moins denses, des rizières, des montagnes, des zones très sèches et d'autres hyper humides... Enfin bref, un paquet de bêtes parmi lesquelles des élaphes, plein plein d'élaphes, certaines étant parmi les plus spectaculaires, allez je vous dis tout (heureusement que j'ai acheté ce bouquin moi !) :

Elaphe Bimaculata est un serpent de petite taille (1 m maxi) qui commence à arriver dans les boutiques, car il est élevé depuis quelques années par des professionnels dans ce but. La coloration est superbe : un fond jaune d'or, parfois avec une teinte plus mat, et deux rangées de tâches (de chaque côté de la colonne vertébrale), rouges ou carmin cerclées de noir, reliées entre elles par une ligne rouge-sanguin large et non cerclée (une de chaque côté hein, on se concentre un peu) ; quant à la tête, elle est quasiment pareil que la Guttata ou la Situla, avec un motif en forme de diadème de la couleur de fond sur des écailles rouges, le même rouge que les lignes. Elle vit dans les montagnes au Sud-Est de la Chine. En terrarium, il lui faut 20° celcius avec un point chaud à 25° maximum, et trois mois d'hibernation à 15°. Donc si vous habitez en appartement à chauffage central ou alors dans le Midi, vous aurez du mal à respecter ces impératifs ; néanmoins, il s'agit d'un serpent facile à élever, qui demande peu de place, et qui est un vrai spectacle à lui seul !

Elaphe Carinata est bizarement classée parmi les élaphes, elle en diffère tellement ! Ses écailles sont carénées sur le corps (vous savez, comme chez certaines vipères et crotales, il y a comme une arête vive en plein milieu de l'écaille), une pupille ovale verticale ce qui est unique dans le genre Elaphe.
Au niveau du comportement, eh bien cette belle couleuvre est hyper aggressive, et préfère les lézards et les serpents pour son déjeûner plutôt que les rongeurs (exception faite des Lampro qui sont souvent ophiophages, c'est-à-dire qu'ils mangent volontairement d'autres serpents). C'est un peu l'équivalent de Lampropeltis Getula floridana en ce qui concerne les patterns de couleurs, mais la Carinata est plus claire.. Ah, j'oublais : son nom vernaculaire américain est "Stinking Goddess", littéralement "la Déesse Puante" à cause d'une glande anale particulièrement efficace qui lui sert à repousser ses prédateurs potentiels, à l'instar de notre couleuvre à collier Natrix natrix. Elle vit dans le Sud-Est de la Chine et même à Taïwan, et jusqu'aux Ryukyus (sous-espèce E. Carinata yonaguniensis), fait 2 mètres maximum et risque de vous mordre violemment si vous voulez lui faire des papouilles :)

Elaphe Climacophora est le Ratier Japonais, endémique aux îles du pays du Soleil Levant. Les couleurs ne sont pas éblouissantes, néanmoins ce serpent est très "esthétique", d'une livrée vert à olive à brun, parfois tout mélangé en dégradés... Il peut vivre 15 ans et mesurer un peu plus d'un mètre, est courant dans son milieu où il chasse les souris et les rats avec appétit. Il est singulier de constater qu'une population de climacophora albinos vit près de Iwakuni City, préfecture de Yamaguchi : ils sont protégés en tant que tels comme "monument naturel japonais". Il semble s'adapter à tous les terrains du Japon, en étant terrestre comme 90 % des espèces d'élaphes.

Elaphe Conspicillita est endémique au Japon également, il diffère du précédent par sa livrée qui est à dominante rouge.

Elaphe Davidi est quasi inconnue, détectée pour l'instant uniquement au Nord-Est de la Chine ; c'est un petit serpent (75 cm) ressemblant de couleur à la Guttata, en moins "flashy" toutefois. La forme de ses écailles pourraient montrer une parenté avec Elaphe Carinata.
Elaphe Dione est le Ratier des steppes. Son aire de répartition est la plus vaste de tous les ratiers, puisqu'elle va de la Mer Caspienne à la côte chinoise.... Sa livrée va du jaune pâle au gris marron clair, avec un motif "fer à cheval" sur le crâne comme chez Elaphe Situla. Il s'élève sans problème à 27° (point chaud à 32° max) avec de fortes branches et une hibernation à 10° de quatre mois pour préparer les reproducteurs.
Elaphe Erythrura est une couleuvre rouge dont les écailles sont rehaussées chacune d'un filet bleu-violet, comme si on les avait posé sur un tissu de ces mêmes couleurs. Il ressemble aux Ptyas, autre famille de couleuvres (réputée pour leur caractère ombrageux) : un corps effilé et deux gros yeux à pupille ronde.

Elaphe Flavolineata est présent dans toute l'Asie du Sud-Est. Sa coloration est un vert-olive avec une bande dorée à orange sur la colonne vertébrale, et des bandes noires verticales qui relie la colonne au ventre.

Elaphe Helena est une de mes préférées car elle est vraiment très très belle ! On la trouve du Pakistan au Népal en passant par le Sri Lanka et toute l'Inde. Comme chez la majorité des ratiers asiatiques, le patron de couleurs est scindé en deux : le tiers antérieur du corps, ici marqué par deux bandes marron entourant la colonne et partant de la base du crâne, puis le reste du corps, à fond olive ou brun-vert, parfois presque jaune semé de filets blancs entourant certaines écailles. Elle peut mesurer 1m50 et fait un serpent d'élevage très agréable. Elle grimpe tout le temps, alors le terrarium doit être spacieux et pourvu de branches solidement fixées, et une période de repos de un ou deux mois à 15° aidera les reproducteurs. Cependant cela n'est pas nécessaire et Elaphe Helena se reproduit toute l'année.

Elaphe Mandarina est vraiment, mais vraiment un serpent merveilleux, de loin le plus beau (bon, c'est subjectif, mais je crois ne pas être le seul à le penser), il est fascinant.... La Mandarina est marron-gris rehaussé de noir de jai et de jaune d'or, et mesure 1m20 environ. Elle vit en moyenne et haute montagne, au nord de la Birmanie et au Sud de la Chine. Elle est nocturne et se cache tout le temps ; elle chasse rongeurs et oiseaux. Elle est hyper timide et réclame plus que tout autre ratier du calme : de nombreuses cachettes, beaucoup de branches et des plantes artificielles. De plus, il lui faut une grande humidité tout en laissant son sol sec. Mais le plus important est qu'elle ne supporte pas les hautes températures : 20° à 24° le jour, 18 à 20° la nuit. La nuit, on lui offre souris et ratons, mais si le terrarium ne reproduit pas exactement ses besoins écologiques, elle refusera automatiquement de s'alimenter. Bon, il y a tout de même quelques éleveurs qui ont su la reproduire, et les spécimens issus d'élevage sont plus faciles à élever et moins fragiles.. Si vous voulez tenter l'aventure, je peux vous mettre en contact avec des éleveurs chevronnés, mais pensez-y à deux fois car même plus faciles à élever, ses individus nés en captivité restent néanmoins délicats. Donc, débutants s'abstenir !

Elaphe Moellendorffi, la couleuvre aux cent fleurs est elle aussi superbe, mais très difficile à élever... Un peu plus grande que la Mandarina (1m50), elle est grise avec des marques rouges sur la tête, le corps et la queue (preque entièrement rouge), un peu comme des fleurs, d'où son nom vernaculaire. Elle habite les forêts humides et fraiches du sud de la Chine et du nord du VietNam. On l'élève de la même manière que Elaphe Mandarina.

Elaphe Taeniura, le Ratier à queue rayée, est par contre un serpent fréquent en animalerie. Elle est facile à élever, mais c'est son aggressivité qui déchante les gens qui la trouvent, forcément, très jolie : elle est de fond brun clair, avec une ligne vertébrale jaune claire et les flancs sont presque noirs. Elle dépasse souvent 1m80 et parfois les deux mètres. Elle est plus arboricole que terrestre et il lui faut un grand terrarium costaud (150x150 au sol et 2m de hauteur semble adapté à un couple) et mangera tout ce que vous lui proposerez : souris, rats, oiseaux, etc....

Elaphe Radiata, le serpent à tête cuivrée, originaire du Sud-Est de l'Asie, mesure de 1m80 à 2m. Sa tête est brune ou orange, trois lignes noires partent de son oeil et il y a un collier noir sur la nuque. Le corps peut être brun ou roux, et devient gris dans sa partie postérieure. Les flancs sont barrés de noir et le ventre est blanc ou jaune, devenant bleu ou gris-bleu dans sa partie postérieur. C'est un serpent farouche et irrascible, méfiez-vous des morsures (pas dangereuses, mais pouvant être douloureuses et surtout transmettre des bactéries alors, désinfectant à portée de main). Il lui faut un grand terrarium pour qu'elle puisse se calmer un peu, en comptant sur ses cachettes. Elle a besoin d'une température de 28 à 30° abaissée à 25° la nuit.

Elaphe Schrencki, ou couleuvre de l'Amour (le fleuve russe) est une belle bête assez ressemblante aux serpents-rois (noir, avec des ocelles jaunes) de 1m80 environ. Elle grimpe souvent et a donc besoin de nombreuses branches. Pour la température, il ne faut pas dépasser 25° le jour, et 20° la nuit, et juste une lampe type "Basking Spot" de Zoomed servira à apporter de la température ; éventuellement, s'il fait très très froid chez vous, un petit câble chauffant relié à un thermostat "jour-nuit" type Biotherm 2000 servira à conserver les 20° la nuit. Elle est calme et est un serpent très agréable à vivre.

Gonyosoma Oxycephala est le Ratier vert à queue rouge. C'est un arboricole type, d'un vert intense sauf pour les individus provenant de Java, gris acier avec une tête jaune. Ce serpent, c'est pour résumer 2 mètres de galère : il est hyper aggressif, à la limite presque vicieux, a des besoins difficiles à satisfaire et il n'est pas simple à reproduire.... Il nécessite une température élevée et un haut degré hygrométrique, et mange surtout des oiseaux et leurs oeufs dans la Nature ; les juvéniles acceptent rarement autre chose que des amphibiens et des lézards, bon courage si vous en achetez !!!! Néanmoins c'est un serpent magnifique et pour ceux qui ont déjà une bonne expérience en élevage de serpents caractériels, il semble que cela soit une belle expérience.


Voilà, bien sûr, il y a plein d'autres élaphes à travers le monde, mais toutes les citer n'aurait eu aucun intérêt.... Pour ça il y a l'encyclopédie des serpents, en anglais (qui est d'ailleurs très chère, mais ça fait un joli cadeau de Noël, pensez-y). Moi, je ne suis pas une encyclopédie et pour ça j'ai mes bouquins, et mon expérience avec mes bêtes, et celles de mes copains avec qui on en parle. D'ailleurs, j'ai cité le livre américain qui m'a servi de référence, mais j'ai aussi utilisé le livre de Philippe Gérard, le Guide du terrarium (la bible) de Matz et Vanderhaege chez Delachaux & Niestlé, et le Grand Livre des Serpents du Monde entier, de Ferri chez de Vecchi.
Je vous recommande de lire un maximum de livres, et de souscrire une inscription dans une association d'éleveurs comme la SHF (très scientifique) ou Reptas, où je suis et qui regroupe des passionnés de tous niveaux.

Alors tu vois Pierrot, y en a des élaphes !!!!!!
Bonne continuation à tous, et mailez-moi ou aux autres vétérinaires-conseil du site pour tout renseignement.
Amitiés,
Guillaume.

Suite à cette page, Guillaume à sauté le pas et à créer son propre site en tout points ramarquables, allez-y tout droit en cliquant sur l'élaphe Dione ci-dessous ou sur l'autre monstre qui n'est autre que Guillaume lui-même (qui oserait lui demander un conseil et qui oserait le prendre au sérieux ;-) :